Morroc – Répression
________Nous envoyâmes un groupe de reconnaissance, tâter de la pugnacité des dissidents, et de l'état extérieur de la ville. La porte Est était close. Il en allait de même pour la porte Sud. La ville s'étendant sur plus d'une lieue en long, comme en large, la contourner constituerait un délai de trop pour la cité. Elle avait besoin d'être remise au pas, et au plus vite. Nous déployâmes fasse au mur Est, sur une bonne centaine de pas, mantelets et lance grappin. Au centre un bélier. L'entrée dans la ville se ferait de façon spectaculaire. Midi approchait, et le soleil se faisait de plus en plus pressant. Sir Francis ordonna à chacun de revêtir son harnois. Nous cuisions littéralement la dedans. Presque toute la brigade se trouvait mobilisée pour forcer la ville. Seul 150 hommes restaient en retrait avec le convoi, près d'une petite oasis, dans les ruines d'un ancien monastère, mais qui se trouvait en vu de Morroc. Si ça tournait au vinaigre, ils pourraient intervenir en renfort.
________C'est lorsque le soleil atteignit son zénith que Sir Francis lança l'assaut. Pas de fioriture ni de fanfare dans cette montée aux créneaux. Nous attaquions au moment le plus pénible et le plus improbable de la journée, inutile de gâcher cet avantage en déploiements extravagants. Les grappins furent tirés ! Avançant à l'abris derrière les mantelets, les hommes arrivèrent bientôt au pied des remparts. Ca y était. Grâce aux cordages accrochés aux grappin, ainsi qu'à un astucieux jeu de poulies, plusieurs dizaines d'échelles étaient maintenant en position. Les remparts faisaient bien 15 à 20 pas de haut, toutes chutes seraient mortelles. Le poids de nos armures rendait l'ascension difficile. Le Hérault, Chandelle (allez savoir pourquoi les gars l'on surnommé ainsi) – qui se trouvait devant moi – manqua de glisser sur l'échelle. L'ascension constituait clairement le moment le plus délicat de l'assaut. La division principale commençait à attaquer la porte à grands coups de bélier. Plusieurs gars, dont le sergent Pitivié qui braillait des ordres de mise en formation, se trouvaient déjà sur les remparts. Toujours pas de réaction ennemie. Les mantelets n'auraient pas servis à grand choses finalement. La porte avait presque cédée. Plusieurs divisions secondaires avaient déjà pris position, contrôlant les postes clef de la garde. La première réaction hostile survint d'une des deux tours encadrant la porte Est. Une flèche tirée d'une des meurtrière. Elle ne fit aucun dommages, mais immédiatement, quatre ou cinq des nôtres se sont précipité dans la tour. L'inconscient qui avait osé tirer tenta de se barricader en haut de la tour en bloquant la trappe d'accès. Malheureusement pour lui, l'image de dur à cuire qu'entretenait les DB n'était pas seulement une façade, elle constituait aussi une réalité. Un coup de hache surpuissant fit exploser les gonds de la trappe. Le pauvre type, fut attrapé, violenté (comprenez qu'il s'est fait ravaler la façade, au propre comme au figuré), puis fut jeté par dessus les créneaux, coté désert. Il restait plus qu'à espérer que quelques civils aient vu la scène, et l'affaire serait pliée.
________Un craquement sourd indiqua que la porte venait de céder aux coups de forcenés de la division principale. Chaque divisions se déployait maintenant dans les rues de la ville, tabassant au passage toute personne qui croisait leur chemin. Certes, cette manière de réprimer peut sembler à la limite de l'injustice, mais Sir Francis considérait que en période d'émeute, toute personne dans les rues pouvait être considérer comme un émeutier, les honnêtes gens restant chez eux, barricadés. La division à laquelle j'était affecté était mené par le sergent Pitivié (encore et toujours lui, à ce moment là je le croyais déjà au c½ur de la ville en train de rosser quelques fortes têtes) et avait pour mission d'ouvrir la voie vers le palais à la division principale. Les autres divisions secondaires élargissaient le périmètre de sécurité autour de la division principale, et établissaient. des barrages, afin de canaliser les émeutiers. La division principale était le fleuron de la 6eme DB. Elle était inébranlable, et dévastatrice. Mais cette puissance se payait au prix d'un champ de man½uvre lent. Et pour cause, elle trimbalait avec elle pas moins de trois balistes légères, sans compter les éventuelles armes de sièges dont elle était l'utilisatrice principale. Tous les gars de cette division étaient des vétérans aguerris. Nous, nous devions dégager la place Est, devant le palais. Le fracas des premières altercations se fit entendre, elles provenait d'a peine quelques pâtés de maison plus loin.
________Plus nous avancions, plus les signes d'émeutes d'une violence inouïe se précisaient. Chandelle marchait en tête, tenant bien droite sa lance au bout de laquelle flottait notre drapeau. A ses cotés le sergent, gueulant ses ultimes ordres. Je faisait parti de la première ligne. Devant nous se dressait une barricade haute de huit à neuf pied. De l'autre coté se trouvait la place que nous devions sécuriser. A en juger par les clameur scandées, les manifestants devaient être un bon paquet. Chandelle passa le premier le haut de la barricade, talonné par le sergent. Tout deux sautèrent à bas en poussant un hurlement guerrier. Lorsque j'atteignit moi même le sommet de la barricade, je pu juger de ce qui avait précipité Chandelle et Pitivié à sauter. Un petit groupe de types à la mine patibulaire (enfin pour ce qui restait de leur trogne pour certain) se tenait là. Chandelle en avait embroché un au bout de sa lance. Quand au sergent, il taillait en pièce les autres. Plusieurs autres de chez nous vinrent épauler le sergent. L'empoignade tourna vite cours. Le groupe principale d'émeutier, que j'estimait à un bon millier, dont l'activité principale était encore il y a peu de caillasser la garde du palais, se tourna dans notre direction. Tous n'étaient pas décidé à combattre, mais de la masse se dégagea trois ou quatre cent têtes brûlées prêtent à en découdre. Question nombre, on faisait pas trop le poids, et cela avait l'air de mettre en confiance nos amis les casseurs. Il est vrai que notre division compte à peine 80 hommes, et une bonne moitié ne se trouvaient pas encore du bon coté de la palissade. Malgré tout, nous nous rangeâmes en formation. Plusieurs jet de pierres nous furent envoyé du tas d'émeutier. Nous resserrâmes la formation, et commencions à avancer. Les salauds d'en fasse sont venus se fracasser sur nos boucliers. De vrais enragés. Ils cognaient dur, et ceux malgré toutes nos protections. Et à cause des jets de pierres, nous pouvions pas vraiment faire autre chose qu'encaisser. Lorsque la division principale allait se pointer, la donne changerai.
________Après plusieurs longues minutes, les premiers gars de la division principales passèrent enfin la barricade, venant renforcer notre formation. Avec eux, nous gagnions lentement du terrain. Cela n'en restait pas moins difficiles, les émeutiers ne cédait qu'au prix de vigoureux coup de bouclier. C'est alors que trois traits fondirent dans la foule. Les balistes avaient passées la barricade. Une seconde slave suivie. Il n'en fallu pas plus. La majorité des émeutiers se dispersaient. Pour les plus téméraires d'entres eux, qui persistait dans l'espoir de briser nos lignes, se virent proprement passé au fil de l'épée. Après qu'un bon nombres des leurs soient tombés, les survivant déguerpirent aussi vite qu'ils nous avaient chargé. La situation semblait stabilisé pour le reste de la journée...